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Interview de Michel Floirat, fondateur de Artenses

Publié le 01 juillet 2012 par Rédaction

« Partez près de chez vous et voyagez loin »

  • Chère Artenses, comment vous définiriez-vous ?

Comme le premier site de micro tourisme français (l’Artense est un petit pays situé au Sud du Massif du Sancy en Auvergne).

L’idée c’est de voyager moins loin et mieux, plus en profondeur autour des monuments, certes incontournables, mais aussi autour des hommes qui font la richesse d’une région.

L’Auvergne pour cela est un formidable terrain de jeu ou les croyances, les traditions affleurent sous un vernis de modernité. Le même auvergnat qui ne refusera jamais un honnête commerce sera peut-être aussi ce pénitent blanc que vous verrez défiler sous ces habits d’un autre âge dans une rue moyenâgeuse. Ici point de balafres de la modernité pour gâcher une vue à 360 °. L’Auvergne est aussi l’une des régions de France qui compte le plus de châteaux. A la différence d’autres régions : ils sont habités. Ce qui fait toute la différence. Car l’idée d’Artenses c’est d’aller à la rencontre d’hommes et de femmes de caractères, originaux, avec un passé intéressant soit qu’ils se soient « réfugiés » dans cette région, soit qu’ils représentent, eux et leurs familles une partie de l’histoire de la région. Chez Artenses nous aimons toutes les sortes de collectionneurs, les bouilleurs de crus, les ex taulards reconvertis dans le roman policier, les bergers qui écoutent France culture le soir dans les estives, cet homme qui restaure de ces propres mains un château renaissance de 2000 m2, bref des tas de gens dont personne ne parle…

Artenses s’appuie sur une dimension patrimoniale forte pour mieux la contourner comme quand nous proposons un circuit « ruines & fantômes et légendes » et bientôt « vierge en majesté, reliques et mystères ».

  • En quelques mots, quel regard portez-vous sur le « voyage culturel » aujourd’hui ?

Pour moi le voyage culturel commence très tôt. C’est-à-dire dès que vous vous avez envie d’aller quelque part. J’ai fait quelques reportages en Afrique et en Australie. Je les ai toujours vécu trois fois.
La première fois avant d’y aller, dans la préparation, l’imagination, le rêve. Parfois à partir d’un texte, d’une photo je me suis rendu à l’autre bout du monde.
La deuxième fois sur place avec les rencontres que vous faites. Victor, ce fils de famille angolais, propriétaire terrien sur une île perdue dans le golfe de Guinée. Homme seul le soir venu, guetté par 400 âmes enfouies dans l’âpreté d’une vie faite de misère et de corons tropicaux. Plus joliment, de ces enfants qui jetaient dans la mer des feuilles de palmes en haut d’un belvédère en ruine gagné par la végétation.
La troisième fois dans l’écriture. Si vous êtes curieux de l’autre vous ferez surement un voyage culturel sans élitisme aucun, et vous n’aurez même pas besoin d’aller loin. La culture commence à partir du moment où vous vous laissez guider par vos envie, votre joie. Pas besoin d’aller écouter du Spinoza sur un bateau de croisière…

  • En quelques mots toujours, comment voyez vous son avenir ? Et comment voyez-vous le vôtre ?

Un avenir tout en longueurs, en ondulations et en sinuosités comme ces routes de l’Aubrac bordées à la fin du Printemps par les pâturages teintés de violettes pourpres qui laisseront leur place aux pimpinella roses au début de l’été (très bon contre les calculs rénaux et la bronchite !).

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ? 

Pour tous les voyageurs qui ont encore un brin de curiosité, je leur dirais « partez près de chez vous et voyagez loin »…

 

Michel Floirat est le fondateur d’Artenses
www.artenses.com

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