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Portrait du Manchot Bulleur, avec Julien Lebrun

Publié le 21 juillet 2012 par Rédaction

« Cet engouement pour la culture et l’image est peu répandu en dehors de l’Europe »

  • Cher Festival Manchot Bulleur, comment vous définiriez-vous ? Et surtout, que signifie ce nom curieux ?

Le festival de bande dessinée et du livre jeunesse « Le Manchot-Bulleur » se déroule dans l’église Saint-Nicolas de Coutances. Pendant trois jours, le premier week-end d’Août, l’église Saint-Nicolas se transforme en un lieu d’échange et d’activités culturelles.

Le festival s’intitule « Le Manchot Bulleur » par association de deux jeux de mots : les habitants de la Manche s’appellent des Manchois ou moins couramment des Manchots, avec la même orthographe que les oiseaux de l’Antarctique. D’autre part, en bande dessinée, un phylactère est une bulle mais buller est aussi l’équivalent de « farniente », une passion fort répandu au mois d’Août. Nous avons donc choisi comme mascotte du festival un manchot empereur en train de « coincer la bulle » !

  • Quel regard portez vous sur les Festivals BD et littérature jeunesse aujourd’hui ?

Les festivals de bande dessinée et de livres jeunesses connaissent un formidable essor aujourd’hui. Le regard que j’y porte est multiple. D’un côté, cet engouement pour la culture et l’image est très positif et peu répandu en dehors de l’Europe. La proximité et l’échange avec le public est indispensable à la promotion du livre et, pour les acteurs du livre c’est aussi un moment important qui leur permet de confronter leurs idées. De l’autre, cet essor produit une rude concurrence : parfois, plusieurs festivals se trouvent à des dates et des lieux semblables sans aucune coordination et je déplore une compétition (entre organisateurs mais aussi entre éditeurs et dessinateurs) dans un milieu où on pourrait espérer que tout le monde se serrerait les coudes. Enfin, l’aide financière des partenaires publics est mince, ce qui réduit considérablement la possibilité pour les petites manifestations de se développer. A côté, deux ou trois festivals dominent le marché du livre avec des budgets colossaux, ce qui ne les empêchent pas de pratiquer des prix d’entrée supérieurs aux petits festivals !

  • Vous êtes un jeune festival, comment envisagez-vous l’avenir ?

La manifestation a vu le jour en 2010 suite à la collaboration de longue date entre des enseignants en Arts-plastiques de l’Association Les Chiens Rouges fondée en 1997. Suite à la création d’événements autour du livre, et notamment l’exposition d’un collectif à l’Atrium de Fort de France patronné par Mr Césaire, l’idée est venue de donner plus d’ampleur à ces initiatives. Et Coutances, port d’attache de l’association, ville culturelle aux accents musicaux, était le point de connexion idéal pour captiver un public de tout âge.

Nous espérons qu’au bout de cinq ans la manifestation prenne de l’ampleur, mais il ne faut pas non plus voir les choses en trop grand et savoir rester un festival à taille humaine. Les choses sont aussi plus facile à gérer ainsi et certains festivals accueillant une cinquantaine d’auteurs sont souvent plus chaleureux que lorsque l’on en annonce cinq cents.

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Si je devais faire une dédicace, elle serait adressée à Nicolas hulot qui nous a épaulé avec beaucoup de gentillesse pour cette troisième édition, organisée sous le signe de la planète et des océans.

Julien Lebrun est l’organisateur du Festival Le Manchot Bulleur,
festival de bande-dessinée et du livre jeunesse de Coutances
Du 2 au 4 août 2012
Voir le site du festival

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