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Interview de Masterscontributions.fr

Publié le 22 août 2012 par Rédaction

« La culture est ce qui relie les savoirs
et la féconde »

  • Cher Masterscontributions.fr, comment vous définiriez-vous ?

En tant que site Internet je me définis comme la bibliothèque de la « littérature grise », ou plutôt la banque des mémoires de recherche qui aujourd’hui correspondent au master 2 (et avant 2005 à des mémoires de maîtrise).
L’idée correspond bien à la démarche d’une historienne. D’une part je veux proposer de conserver les travaux de recherche qui bien souvent sont oubliés au fond des placards pour les plus anciens, au fond des BU (Bibliothèques Universitaires) et des ordinateurs pour les plus récents… D’autre part l’idée est de partager les travaux réalisés par les unes, les uns, les autres pour enrichir les futures recherches qui feront grandir la connaissance. Je reprends à mon compte la jolie phrase d’ Edgard Morin: « La culture est ce qui relie les savoirs et la féconde ». Toutes les découvertes s’appuient bien sur ce qui a déjà été découvert… pourquoi recommencer lorsque cela existe déjà ? Mais pour cela il fallait offrir un espace pour déposer, consulter, valoriser les travaux de recherche qui ne deviennent que rarement des thèses publiées. Dans un esprit complètement altruiste et coopératif j’ai imaginé le site : www.masterscontributions.fr

  • Quel regard portez-vous sur la diffusion de la connaissance en France ?

Il n’existe aucune banque de données exhaustive, nationale qui répertorie l’ensemble des mémoires universitaires de maîtrise et master en France (seuls existent pour les thèses : Ministère, ABES, Sudoc, Signets, les sites des Universités…). Des centaines d’étudiant-e-s ont réalisé des mémoires à l’université et n’ont pas eu la possibilité de les exploiter eux/elles mêmes ou de poursuivre leur recherche, ni de les faire publier et diffuser. L’édition, c’est inexorable, ne sera plus jamais du papier uniquement ! La diffusion de tout ouvrage doit ou devra trouver sa place sur l’immense réseau de l’Internet.

  • Le plagiat est-il un fait répandu ?

Tous les universitaires y sont confrontés et se sentent démuni-e-s vis à vis de cette malhonnêteté qu’est la plagiat. Il est, la plupart du temps, facilement repérable car ce sont les personnes les plus fragiles, les moins brillantes qui se « sauvent » par cette forme de tricherie. Bien souvent elles ne le font pas avec finesse et c’est donc repérable… De fait, je réalise qu’il y a deux niveaux de problèmes.
Des réticences, notamment de la part des universitaires qui craignent que la visibilité facilite le plagiat. Or je crois qu’il faut inverser le regard en réalisant que plus la publication est visible mieux elle se légitimise. Et d’ailleurs, seuls les très bons mémoires sont déposés sur le site (je réalise qu’il existe une réelle auto-censure !).
Ensuite, comme une démarche de recherche s’appuie sur l’existant, quelle que soit la discipline, il est indispensable de « rendre à César ce qui est à César » et donc de citer, noter, référencer les sources utilisées (auteur-e,titre,année etc.). Ceci est valable lorsqu’on reprend des extraits d’un mémoire de recherche comme ceux qui sont stockés chez Masterscontributions.

  •  Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Eh bien, je dois la faire à Sylvain (mon voisin !), un copain, et surtout l’hébergeur du site. En faisant connaissance, j’ai appris ses compétences et exposé mon idée. C’est lui qui m’a poussé à la mettre en forme, à investir un peu et m’a fait réaliser que Masterscontributions me coûterait surtout du temps… mais aussi le plaisir d’une création qui facilite le partage de la connaissance.

Geneviève Pezeu est la fondatrice
de Masterscontributions.fr 

Crédits photo en Une : Flickr/Hibou

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