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Interview de Chemin Lisant avec Florence Batisse-Pichet

Publié le 19 novembre 2012 par Rédaction

« On vit sans doute la même transformation que lorsque Gutenberg introduisit l’imprimerie »

  • Cher Chemin Lisant, comment vous définiriez-vous ?

Chemin Lisant est une agence de communication par le livre dont l’activité principale est de produire des contenus multi-supports (livres, brochures, plaquettes, dossier de presse aussi bien en version papier qu’internet). Je considère que le livre – papier – demeure plus que jamais un média privilégié pour une entreprise, que ce soit pour un anniversaire, un événementiel, une fusion-acquisition, une exposition, etc. Tout repose ensuite sur le fil rouge éditorial qui va permettre à la société d’exprimer au plus près ses messages pour incarner son ADN d’une façon originale ! La préparation d’un livre permet aussi interne de fédérer et de faire participer le personnel.

Au-delà de la stricte activité de plume, Chemin Lisant a aussi un volet événementiel ! Le livre peut tout simplement se mettre en scène par l’organisation de conférences ou de débats littéraires. Ainsi depuis un an, le Groupe Frère Blanc m’a confié sa programmation culturelle pour le Procope, le plus ancien restaurant de Paris, ainsi que la création d’un prix littéraire : le « Prix Procope des Lumières » qui met à l’honneur un genre littéraire souvent difficile à définir et aux multiples facettes, l’essai. Rendre hommage aux philosophes des Lumières qui fréquentaient le Procope, tel est l’enjeu de ce prix qui récompense un auteur ayant mené une analyse et une réflexion bousculant les idées reçues. Premier du genre à rendre publique la discussion du jury, ce prix ne pratique aucune langue de bois puisque les membres du jury délibèrent en direct à l’antenne de France Culture dans une émission spéciale du Grain à Moudre.

  • Quel regard portez vous sur la communication aujourd’hui ?

Avec la révolution du numérique, la communication s’appuie de plus en plus sur les réseaux sociaux et ce dans tous les domaines : ces derniers – s’ils sont utilisés avec pertinence – apportent une formidable opportunité de créativité et de partage. Ainsi j’ai trouvé très originale l’opération de solidarité et de sensibilisation au handicap visuel autour du Livre AudioSolidaire qui incitait des internautes à enregistrer un extrait du best-seller de David Foenkinos, « La Délicatesse » pour l’Association Valentin Haüy. La participation était gratuite et l’enregistrement ne prenait que quelques minutes via le site www.avh.asso.fr : un bel exemple de projet de fraternité vocale où le livre est au cœur du dispositif. Quant au livre numérique, je considère qu’il est un support complémentaire du papier : lire sur un Ipad est une avancée technologique indéniable et pratique ! On vit sans doute la même transformation que lorsque Gutenberg introduisit l’imprimerie. Cela oblige à s’adapter. Les métiers de la presse et du livre sont frappés de plein fouet… mais dans toute évolution, il y a un rééquilibrage. Quand on voit que l’historien de l’antiquité Paul Veyne se fait l’ambassadeur du livre d’art numérique et accompagne la réédition de son ouvrage broché « Mon Musée imaginaire » d’une version numérique, chez Albin Michel, réalisant le premier livre d’art disponible sur l’Ibookstore, on ne peut que s’en réjouir.

  • Chemin Lisant entre dans sa cinquième année, quelles évolutions remarquables avez-vous noté dans le domaine littéraire ?

Difficile de répondre à une question aussi vaste mais spontanément, ce qui me frappe c’est l’offre pléthorique extraordinaire qui nous est proposée en essais et romans français, sans compter la richesse formidable de la littérature étrangère. Nous sommes gâtés : preuve que la lecture reste le bien le plus partagé au monde ! Comment s’y retrouver et dénicher la pépite sans tomber dans une approche strictement de mass-market ? Une fois de plus, il suffira d’un rien : la main heureuse attirée par une belle couverture, le talent d’un critique curieux, une interview réussie, l’avis d’un libraire ou d’un proche. Ces témoignages seront déterminants pour que chacun fasse son marché selon sa sensibilité ! « Savoir, penser, rêver, tout est là » écrivait Hugo et qui peut mieux nous permettre cela qu’un livre ?

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Sans hésitation à tous les libraires indépendants de Paris et de l’Hexagone qui se battent sans relâche pour boucler leurs échéances et continuer à faire partager leur passion… même si j’achète des livres partout, dans des gares, des aéroports, chez des bouquinistes et parfois aussi dans l’urgence sur Internet !

Je lance une dédicace particulière cordiale et chaleureuse à Emmanuel Delhomme du Livre Sterling dans le 8ème arrondissement avec lequel j’avais créé des brunch littéraires il y a quelques années à l’Hôtel Hyatt Regency Madeleine – il a publié l’an dernier son manifeste « Un homme en colère » – et bien sûr à ma libraire de quartier, Vernissage, rue de Courcelles dans le 17ème…

Florence Batisse-Pichet
est la fondatrice de Chemin Lisant

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