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Interview du salon Lire en Poche, avec Lionel Destremau

Publié le 28 septembre 2013 par Rédaction_

« Le poche a encore de beaux jours devant lui »

  • Cher Lire en Poche, quelle est la particularité de votre salon ?

Comme son nom l’indique, Lire en Poche est un salon du livre ayant la spécificité d’être consacré aux collections de poche. Le salon, créé en 2005, est la première manifestation littéraire ou jeunesse en France ayant cette orientation. La programmation se décline dès lors autour de cette particularité éditoriale, les auteur-e-s que nous invitons, qu’ils soient de littérature générale, de polar, de jeunesse ou de sciences humaines sont tous parus en poche, et le salon met en avant, chaque année, différentes collections qui font l’actualité du secteur ou qui fêtent un anniversaire. Par exemple, cette année une grande exposition rétrospective autour des 60 ans du Livre de Poche, ou plusieurs rencontres autour des nouvelles collections « Points Aventure » et « Folio 2euros Sagesses ». Le vendredi après-midi est consacré à une journée professionnelle ouverte à tous sur la chaîne du poche. Et les différents libraires qui tiennent les stands sur le salon font la part belle aux ouvrages de fonds publiés en poche. Lire en Poche remet aussi quatre prix littéraires dédiés au poche tous les ans. Enfin, le salon se structure aussi chaque année autour d’un thème, en 2013, il s’agit « Des variations du temps ».

  • Vous existez depuis 9 ans, quels ont été les moments forts du salon ? Quels grands enseignements tirez-vous aujourd’hui  ?

Il y eut deux directions au salon. La première a été à l’origine du salon, a créé les conditions de son établissement et de son évolution au fil du temps. Progressivement, Lire en Poche a trouvé une sorte de vitesse de croisière. La seconde depuis la 8ème édition de 2012 cherche à développer encore le salon, tant au niveau de sa représentativité du poche, que de l’ouverture de sa programmation, son organisation générale et ses partenariats multiples. Il y eut de belles éditions avec des invités importants tels Daniel Pennac ou Russel Banks en 2009 par exemple. Le salon 2012 sur le thème de la ville a été une édition de transition, restaurant des liens forts avec les maisons d’édition poche, travaillant à une partie plus obscure de l’organisation (budget, technique), faisant passer un cap en communication autour du salon (notamment avec le web, l’affichage, etc.). Elle a aussi amorcé une animation à l’année complète, chaque mois, autour de Lire en Poche, l’augmentation des rencontres jeunesse auprès des scolaires, et une programmation générale cherchant à réunir à la fois des auteur-e-s populaires, grand public, qui trouvent, en poche, un large lectorat, et des auteur-e-s ou collections parfois plus confidentiels à faire découvrir. Bref, l’enseignement à tirer de cela, c’est qu’un salon est un « work in progress » perpétuel qui, s’il ne veut pas tourner en rond, se doit de toujours chercher d’autres voies, d’autres publics.

  • Comment envisagez-vous l’avenir du petit format ?

Le poche a encore de beaux jours devant lui. Il ne faut pas oublier que, dans le marché de l’édition, il représente une part non négligeable du chiffre d’affaires des maisons d’édition, et ce d’autant plus que s’il rapporte sur la nouveauté qui vient juste de paraître en poche, il le fait aussi sur la durée avec parfois de très « longs sellers ». Il a connu de larges évolutions ces quinze dernières années, tant techniques, avec une vraie recherche de qualité (façonnage, couverture, papier, etc.), que marketing avec de l’invention dans les formats, les présentations, et qu’éditoriale avec de multiples lignes et sous-collections. Plusieurs petites maisons développent désormais leur propre collection de poche. Enfin, le poche continue à représenter un accès à la culture générale et littéraire plus aisé grâce à son prix qui reste abordable. Cependant, il va se heurter d’une manière ou d’une autre au développement du numérique, pour l’heure moins marqué qu’aux États-Unis, mais qui progressivement va probablement grignoter une partie des ventes poche. En revanche, rien ne dit que cela ira au-delà d’une certaine marge, et je ne suis pas persuadé du tout que cela signera une forme de mort du format poche. Je pense au contraire que le numérique et le papier vont coexister pendant encore de nombreuses années.

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Ma dédicace porterait avant tout sur l’équipe de Lire en Poche, en premier lieu Zineb Kairouani et Marie-Thérèse Colombani qui font un boulot formidable tout au long de l’année dans l’animation générale et la préparation du salon, puis à tous les personnels qui œuvrent avant, pendant et après le week-end du salon. Ensuite, elle irait aux auteur-e-s bien sûr, de tous horizons, sans qui la manifestation n’existerait pas et qui sont le cœur du salon. Enfin aux très nombreux partenaires, maisons d’édition poche, libraires, mais aussi universités, écoles, mais encore soutiens privés et publics de toute nature. Le public vient visiter le salon, écouter les auteur-e-s, se faire dédicacer un livre, c’est un plaisir et un partage simple. Mais bien souvent, et c’est normal, on ne se rend pas compte du nombre de gens qui travaillent dans l’ombre à ce que tout soit le mieux possible le jour J.

Lionel Destremau est commissaire général du salon Lire en Poche.

 

 

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