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Portrait de Florence Issac, auteure et éditrice

Publié le 17 décembre 2013 par Rédaction_

« Chacun des livres a son histoire singulière et étonnante et il faudrait un livre pour les raconter ! »

  • Chère Florence Issac, comment vous définiriez-vous ? A la fois auteure, éditrice et professeure, quels sont les avantages d’un profil pluridisciplinaire ?

Les domaines d’activités que l’on s’est choisis au cours de son histoire personnelle sont interdépendants les uns des autres. La balle attrapée au vol rebondit, ricoche de part en part, progresse, se propage, se développe autrement, s’enrichit de mille choses glanées sur son passage. Un choix de métier s’il est en congruence avec notre nature profonde en appelle un autre qui revêt les mêmes désirs et objectifs. Ces trois professions, psycho-pédagogue, éditrice, écrivaine se complètent et sont un même hymne à la solidarité, la fraternité à la conscience d’une nécessité à transmettre afin d’être utile au monde aux autres. L’écriture m’est nécessaire pour me poser et affiner ma réflexion, et aussi ralentir le rythme de cette vie tourbillonnante qui nous harcèle parfois dans le mauvais sens. Je ressens également très fortement en moi l’envie de créer afin d’évacuer les tensions qui m’animent, les émotions qui me submergent mais aussi pour la joie de l’exaltation et de la création. Le métier d’éditeur-trice est passionnant et m’entraîne vers des chemins nouveaux. Il m’oblige à m’améliorer sans cesse et à apprendre tous les jours pour que la petite entreprise fonctionne. Il me demande de travailler en équipe de faire avec les autres, des amoureux comme moi des mots et du jeu. Permettre également que des voix originales puissent s’exprimer est un engagement pour l’humain et ses multiples ressources. Hymne à l’Art et à la recherche créative.

  • Comment sont nées successivement l’association et la maison d’édition L’Echappée Belle ? Et pourquoi un tel nom ?

Le nom de l’échappée belle est un nom qui s’est imposé à moi lors d’un rêve. Je cherchais à définir par une image ce qui serait au plus près de mon projet. Ce qui plaît dans ce mot c’est la part de mystère qu’il insuffle et les multiples significations qu’il peut revêtir ; l’appel au rêve, la fuite bienfaitrice et salvatrice du monde réel mais aussi la quête de la beauté à cueillir au jour le jour sous toutes ses formes. L’aventure a commencé avec un groupe d’amis artistes. Il était question de rassembler nos énergies afin de nous soutenir et de provoquer des rencontres amicales ; la fantaisie, la création, l’humour étaient les maîtres clés de ce jardin récréatif. Multiplier les ouvertures, les regards sur le monde afin de se faire entendre et partager ensemble notre goût de l’amour et du beau. Ensuite au fil des ans et du succès grandissant de l’association, l’idée a germé en moi d’éditer certains ouvrages d’amis artistes que je trouvais intéressants. C’est ainsi que l’échappée belle édition est née. Forte de bras solides et talentueux qui m’aident, nous avançons et progressons dans le plaisir de bien faire.

  • Comment voyez-vous l’avenir de vos professions à l’heure du numérique ?

Je vois l’avenir d’un œil optimiste. Je vais dans le sens du progrès dans ce qu’il peut nous apporter comme avantages en laissant de côté les inconvénients inhérents à chaque changement. Selon moi le numérique et le papier sont deux supports complémentaires qui peuvent co-exister car ils n’apportent pas à l’utilisateur les mêmes agréments. L’ebook est moins cher et plus facilement transportable. Il permet ainsi la découverte d’un nombre plus important d’auteur-e-s sans se ruiner. Ainsi il est au contraire le meilleur défenseur du livre. Le lecteur-trice survole sur le net, va de livres en livres, mais quand il trouve un livre qui l’intéresse vraiment, il fait l’effort de l’acheter alors sous sa forme papier. C’est une façon plus sensuelle de lire qui correspond à l’envie de garder ce qui nous est cher à côté et que l’on peut palper à loisir. Je fais très attention à l’esthétisme du livre. Les couvertures sont travaillées avec soin avec chacune un symbole singulier et une unité de graphisme dans chacune des collections. Le livre doit être agréable au toucher. Le choix du papier, des couleurs, de la typographie est important. Le livre est une personne qui nous accompagne de sa chaleur et de son âme. C’est un objet précieux que l’on doit avoir plaisir à garder contre soi.

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Chaque livre édité représente une rencontre avec un auteur-e. C’est une aventure à chaque fois différente et merveilleuse qui permet de tisser dans la réalisation de l’ouvrage des liens profonds d’amitié. Aussi aurais-je du mal à dire quelle dédicace je privilégierais. Je suis le cours du temps et de l’Histoire. Les dédicaces d’aujourd’hui sont Blasons du corps féminin de Patrick Le Divenah ainsi que L’aiguille dans la pomme de Margarita Alonso Garcia, sans compter mon livre de Haikus Le passage édité par les éditions Unicité et dont je fais la promotion ce mois-ci avec un spectacle à l’espace Christiane Peugeot. Trois bébés magnifiques sont nés ces jours-ci ! Chacun des livres a son histoire singulière et étonnante et il faudrait un livre pour les raconter !

Florence Issac est auteure, psycho-pédagogue

et dirige les éditions l’Échappée Belle.

1 Commentaire(s) pour cet article

  1. geoffroy a écrit le :

    un bonjour d’un peintre- auteur (13 bouquins) que vous avez rencontré à Talmont dans ma galerie.

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