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Portrait des Livreurs, avec Emmanuelle Rouquette

Publié le 09 janvier 2014 par Rédaction_

« La lecture à haute voix : un art accessible à quiconque y consacre beaucoup de travail »

  • Chers Livreurs, comment vous définiriez-vous ?

Comme des découvreur-euse-s de livres. Notre objectif est de donner aux gens le goût de la lecture à travers des ouvrages qu’ils ne connaîtraient pas et dont l’interprétation à haute voix susciterait leur intérêt, pour les amener à lire ensuite le livre par eux-mêmes.

  • Le passage de la lecture oralisée à la lecture silencieuse a provoqué une révolution du livre au Moyen-âge. Comment expliquez-vous le regain d’intérêt récent pour la lecture à haute voix et comment voyez-vous son avenir ?

Il y a plusieurs facteurs expliquant la résurgence de la lecture à voix haute. En premier lieu, entre le travail et les transports en commun, les gens n’ont plus le temps de se plonger dans un livre. La lecture à voix haute est une alternative qui leur permet de vivre la lecture, au cours d’un moment qui lui serait entièrement dévolu. C’est aussi ce qui explique le développement du livre audio en France.

La lecture à voix haute permet par ailleurs de vivre une expérience en communauté, ce qui fait son originalité car cette dimension de partage n’est pas le propre de la lecture à la base. Il y a aussi l’aspect de retour à l’enfance, lorsque l’histoire nous était contée et que c’est la voix qui formait les personnages dans notre imaginaire.

Enfin, la lecture à haute voix est de plus en plus plébiscitée par un public désireux de redécouvrir une syntaxe maniée par les plus grands auteur-e-s, de réapprendre à l’apprécier et de se familiariser à une littérature de qualité que l’interprétation à voix haute rend plus accessible et plus vivante.

  • La lecture à haute voix est-elle une discipline à part entière ? Tout le monde peut-il devenir un « bon orateur » ? 

Oui, c’est même un art, accessible à quiconque y consacre beaucoup de travail. Être un bon lecteur-trice est une affaire de persévérance et d’entraînement, le « don » de lecture n’existe pas et les facilités ne sont rentables que lorsqu’elles sont aiguisées.

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

À tous ceux qui pensent que la littérature n’est réservée qu’aux intellos.

Emmanuelle Rouquette est chargée de communication

pour Les Livreurs et pour le festival Livres en Tête.

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