Interview des Editions D’Orbestier avec Cyril Armange

Publié le 11 avril 2014 par Rédaction_

  »Découvrir et faire découvrir des auteurs et illustrateurs talentueux… »

  • Comment définiriez-vous les Editions D’Orbestier ? Et les Rêves Bleus ?

« Découvrir et faire découvrir des auteurs et illustrateurs talentueux… », voilà le projet qui anime l’équipe des Éditions D’Orbestier, éditeur indépendant installé en région nantaise et qui compte aujourd’hui plus de 100 auteur-e-s et illustrateurs-rices et 200 titres au catalogue.

Les Editions d’Orbestier ont été en 1995 par mon père Xavier Armange, lui-même auteur et illustrateur d’une vingtaine d’ouvrages chez Hatier, Bayard, Flammarion, aux Deux Coqs d’Or et chez quelques autres éditeurs en France et à l’étranger.
Moi-même dans l’édition depuis plus d’une dizaine d’année, j’ai repris la maison d’édition en 2011 et en ai recentré la ligne éditoriale sur la jeunesse, pour laquelle j’ai créé le nom Rêves bleus, le régionalisme et le roman noir.

Les éditions D’Orbestier sont maintenant diffusées en France, au Québec, en Belgique et en Suisse et travaillent avec un comptoir de ventes à Paris.

  • Originaires des Sables d’Olonne, vous avez au début choisi de publier principalement des collections locales. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Créer une maison d’édition et faire en sorte qu’elle soit viable n’est pas chose évidente. On commence par publier un livre, puis deux, puis trois et il était difficile, il y a 19 ans, d’intéresser un diffuseur de livres avec un si petit catalogue. Il était donc plus simple, dans un premier temps, de proposer nos livres autour de nous sur des sujets qui intéressaient autour de nous qui traitaient de ce qu’il y avait autour de nous. Il se trouvait que par chance, nous nous intéressions à de nombreux aspects de notre région (historique, romanesque, documentaire, touristique, etc.) et avions envie de rendre ces sujets particulièrement bien documentés, accessibles au plus grand nombre. Nous avons donc dans un premier temps choisi de publier principalement du régionalisme.
Par la suite, la qualité de nos ouvrages étant de plus en plus connue et reconnue, notre lectorat s’est élargi, nous avons intéressé des diffuseurs plus importants et nous avons donc pu élargir notre ligne éditoriale à des sujets nationaux et même internationaux sans pour autant délaisser les sujets régionaux qui nous tenaient toujours particulièrement à cœur.

  • Comment voyez-vous l’avenir des maisons d’éditions spécialisées comme la vôtre ?

Je suis optimiste sur notre avenir et sur notre capacité à nous adapter aux mutations numériques de notre époque.
Je crois qu’il est aujourd’hui de plus en plus difficile d’être un petit éditeur généraliste, la survie des petites maisons réside dans leur capacité à se spécialiser dans un domaine et à devenir une référence dans ce domaine. Même si nous ne sommes plus une toute petite maison d’édition et sommes devenus une modeste maison, je pense que nous avons eu raison de nous recentrer sur une ligne éditoriale qui nous correspond parfaitement et sur laquelle nous sommes reconnus pour nos choix.
Il nous faudra également savoir nous adapter aux nouveaux formats que sont les livres numériques, qui deviendront à terme, à mon sens, incontournables, si nous voulons pouvoir continuer à défendre nos choix auprès des lecteurs et lectrices sans pour autant abandonner le média papier que nous affectionnons tant.

  • Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Même si cela peut bien évidemment paraître intéressé, ça n’en est pas pour autant moins sincère, mes dédicaces, je les réserverais avant tout aux personnes sans qui nous ne pourrions pas jouir de cette liberté de proposer nos choix au plus grand nombre, je pense à ceux qui sont à l’origine de nos livres, les auteurs au sens large, à ceux qui permettent que nos livres arrivent dans les mains des lecteurs-rices, les diffuseurs, libraires et bibliothécaires, et bien évidemment à ceux qui nous font confiance et se laissent séduire par nos ouvrages, les lecteurs et lectrices.
J’aurais également une dédicace toute particulière pour Jack Lang pour avoir eu un jour de 1981 l’exceptionnelle idée de faire voter la loi du prix unique du livre sans laquelle nous n’existerions pas, pas plus que les modestes libraires. Sans cette loi, l’édition française ne serait probablement pas réputée comme une des meilleures du monde.

Cyril Armange est éditeur et dirige les Editions d’Orbestier et Rêves bleus.
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